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CONSTRUCTION DU PROTOTYPE DE LA NACELLE
Mercredi 28 mars, 14h, le livreur décharge la commande passée la veille. Une à une les 10 planches de contreplaqué de 9 mm s’amoncellent dans le hangar. Mi-mars, je proposais à mon co-équipier de construire la maquette de la nacelle à l’échelle une. C’était non sans me rappeler, avec une certaine nostalgie, les journées sur le chantier de mon bateau, passant des heures à visser, poncer, stratifier, chérir ma petite embarcation. Cette fois encore, je voulais connaître par cœur celle qui sera dans quelques mois « ma cabine volante », la nacelle du ballon-voile Théolia.
L’équipe de l’aéroport de Brest a eu la gentillesse de mettre un hangar à notre disposition pour cette occasion. La proximité de l’aéroclub me permet ainsi de prendre des cours de pilotage.
Mon co-équiper me rejoindra la semaine prochaine pour l’assemblage et les stratifications. En attendant, dans l’air frais avoisinant les 5 degrés, je trace, mesure, gomme, ajuste, téléphone à l’architecte pour confirmer des cotes... Cela me rappelle les heures interminables de montages des meubles IKEA, mais en plus hardu !!…. Yves, charpentier de marine m’a rejoint pour me donner un coup de main. Notre labeur s’orchestre entre les bruits de la scie sauteuse, la scie circulaire, la visseuse et ce sacré téléphone qui lui aussi  veut imposer sa partition… !
Je suis heureuse, j’aime le bois, son odeur, la noblesse de cet élément. En 5 jours, nous avons pu monter le ber (forme destinée à maintenir la nacelle) ainsi que le fond de la nacelle. Le personnel de l’aéroport nous rend quotidiennement visite, intrigué, enthousiaste, toujours prêt à nous rendre service ; la petite famille de l’Air se réunit autour du futur nouveau né !
Au fil des heures, la nacelle prend forme, pendant qu’il en ajuste les derniers « morceaux », je me contorsionne dans « notre » cabine pour la stratifier, j’ai réussi à trouver un petit chauffage électrique qui assure une prise rapide de la résine époxy qui se colle partout : sur les cheveux, les vêtements, les mains…

Ouf, un peu d’air ! J’enlève mon masque à poussière qui me fait ressembler à Dark Vador et sors pour jeter un coup d’œil à ce qui sera à la fois la salle à manger, la salle de bains, la cuisine, le PC de vol et la chambre (pour l’un de nous deux,  pendant que l’autre pilotera) avec une future vue sur la mer…par le hublot central ; le grand standing… !!!
Je suis ravie, la cabine est  plus « spacieuse », plus confortable que celle de ma précédente embarcation, plus large, plus longue de … quelques dizaines de centimètres ! Quant au cockpit, (espace extérieur d’où nous piloterons), je crains que nous soyons un peu à l’étroit lors des manœuvres. Mon co-équipier me rassure et pour pallier à cette inquiétude d’un coup de scie magique nous débarrasse de la console trop encombrante qui siégeait en beau milieu de notre cockpit. Il la remplace par un coffrage plus sommaire mais tout aussi utile !!!
Bien sûr, cette nacelle n’est que la maquette mais elle nous est précieuse pour simuler notre prochaine vie à bord. D’ores et déjà nous sommes en mesure de toucher, de mesurer à l’échelle les rangements, les positions de pilotage, les appareils…
Les autocollants de marquage arrivent demain, j’en frétille d’impatience. Après cette étape, ce qui n’est qu’une maquette prendra alors vie pour ressembler à notre nacelle volante parfaitement identifiée, contrairement aux OVNI !!!!! 
Ce soir après avoir recouvert de résine l’intérieur de la nacelle, je la regarde une dernière fois avant de fermer la porte du hangar, avec une certaine émotion et une fierté du travail bien fait. Je sais que nous n'en sommes qu'aux prémices mais suis certaine que c’est le présage d’une fantastique aventure humaine et technologique. A suivre ! 
Peggy Bouchet