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Stage au CESSAN (Centre d'entraînement à la Survie et au Sauvetage de l'Aéronautique Navale)
7h00, le lundi 23 avril. Nous sommes fins prêts devant la porte Jean Bart à Brest pour embarquer à bord du transrade, direction Lanvéoc pour rejoindre le CESSAN pendant 3 jours en compagnie d’un petit groupe réunissant pilotes de chasse, équipages d’hélicoptères et d’avions.
Pour avoir connu lors de ma première traversée en 1998, la survie pendant près de 9 heures à califourchon sur la carène de mon bateau avec des creux de 7 mètres, c’est avec beaucoup d’impatience mais aussi certaine une certaine appréhension que j’aborde ce stage.

Cette première journée est essentiellement consacrée à l’aspect théorique de la survie. En effet, les quatre conférences dispensées par des médecins et plongeurs ont pour objectif de nous informer sur les conditions et les premiers gestes à adopter dans des situations de survie en mer : matériel de secours, gestes vitaux, organisation de la survie individuelle et collective...Autant d’informations qui auraient pu m’être précieuses il y a 9 ans !!!! Je note le type de matériel qui pourrait s’adapter à notre traversée en Ballon-voile Théolia.

Mardi, deuxième jour. Nous passons la matinée en situation de naufragés …dans la rade de Brest!!! La température de l’eau varie entre 10 et 12 degrés. Le froid se fait ressentir malgré la combinaison, c’est vivifiant!!!! Après deux heures dans l’eau, quasiment immobiles, transis, nous montons à bord d’un canot de survie, déclenchons les fumigènes avant d’être hélitreuillés à bord d’un Super Frelon. Une expérience extraordinaire et intense. J’ai beaucoup de respect et d’admiration pour ces plongeurs et pilotes, ces saint bernard des mers, qui sauvent des vies quelles que soient les conditions météos.

L’après-midi et mercredi matin seront mon pire cauchemar : Dans la piscine du CESSAN place à la « gloutte », une sorte de simulateur de crash en mer, une réplique grandeur nature d’une cabine de pilotage que l’on doit évacuer : En tenue de vol, c’est sanglés au siège de la « gloutte » que nous allons être immergés : Je suis anxieuse, angoissée.
Je revis soudainement mon naufrage et ces 9 heures en survie ne sachant pas si je serais secourue avant la tombée de la nuit. Reprenant mes esprits, je me concentre pour garder mon sang-froid, une dernière inspiration, ma main droite se crispe sur la boucle de ma ceinture, prête à l’ouvrir une fois au fond de la piscine. A 5 mètres de profondeur, enfin, la tape du plongeur sur l’épaule m’indique que je peux me détacher, cet exercice durera 30 secondes qui semblent une éternité, quand on est attaché dans le noir, en apnée !!!! Il sera répété à six reprises : à l’endroit, puis à l’envers, de jour et dans l’obscurité. Le but étant que chaque geste de sécurité devienne un automatisme.

Ce stage fut une expérience enrichissante, formatrice tant humainement que techniquement. Je tenais à remercier le commandant du CESSAN et son équipe pour leur chaleureux accueil.
Une chose est sûre, j’espère ne pas avoir l’occasion de mettre en pratique l’enseignement de ces trois jours!!!
Peggy Bouchet