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| | 1999, seconde tentative | |
| | 1998, une première mondiale | | Journal de bord | | La victoire est belle |
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| | | Une victoire inachevée | |
| Le 27 mai 1998 : dans moins de deux jours je dois couper la ligne d'arrivée après 78 jours de mer. Je suis si heureuse. Il est 7H30, à l'approche des îles, le courant et les vagues forcissent. La mer est croisée, 6 à 7 mètres, la lumière est gris-vert, curieusement inquiétante. Je prends soin de mettre mon harnais alors que les vagues déferlent bruyamment contre le bateau. Impatiente d'arriver, j'ouvre mon hublot pour sortir mes avirons. En un éclair, une violente déferlante à fait chavirer le bateau. Je me retrouve en quelques dixièmes de secondes, coincée sous le bateau par le harnais qui m'empêche de remonter à la surface. Je m'agite dans tous les sens, je sais que je gaspille mon oxygène, je reprends mes esprits, remonte le long de la ligne de vie et ouvre le mousqueton qui m'amarre au bateau. Je me réfugie sous le cockpit dans la poche d'air, mais cette dernière disparaît au fur et à mesure. Je tente de redresser le bateau, en vain, c'est l'effet ballaste. Il est immergé à 80%.
C'est fini. Il ne me reste qu'une chose à faire : déclencher ma balise de détresse. Je suis exactement à 75 milles des côtes guadeloupéennes, théoriquement le temps de repérer le signal de détresse, d'avertir les secours et d'assurer le sauvetage en avion, dans 2H30, je devrais être tirée d'affaire. Un bref sentiment de frustration et d'injustice s'efface pour laisser place à une priorité: SURVIVRE.
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| Je resterai pendant près de 9 heures en survie, à califourchon sur la carène de mon bateau, avec une seule obsession : que l'on me trouve avant la tombée de la nuit. La mer est devenue hostile. quelques mètres plus bas, des requins de 4 mètres se délectent des aliments sortant du bateau. Depuis le chavirage j'ai dû plonger une vingtaine de fois dans la cabine afin de récupérer une autre balise de détresse de peur que la première ne fonctionne pas. A chaque plongée, je risque de me faire assommer à l'intérieur. Les vagues sont tellement puissantes! Je n'ai plus rien à perdre. J'ai peur que le bateau plein d'eau sombre. Il est 16h00, dans moins de 2 heures le soleil se couchera. Soudain, un bruit d'avion attire mon attention, il arrive dans ma direction. J'agite les bras avec mes balises. Il ne me voit pas. Je n'ai plus le choix , je sais que mon bateau va s'enfoncer davantage mais je dois replonger pour atteindre et ouvrir un coffre étanche où sont stockées mes fusées.
Sous les effets du sel et du soleil mes yeux me brûlent, je prie. Vingt minutes plus tard un nouvel avion apparaît, j'envoie mes fusées de détresse, il me survole, il tourne, un signe d'ailes, ils m'ont trouvée. L'avion des douanes me largue un canot de survie à moins de 5 mètres. La rage au cur je dois abandonner mon bateau, fidèle compagnon de route, j'amarre ma balise Argos au safran en espérant le revoir. Je serai ensuite récupérée par un cargo de 250 m de long mais surtout haut de 20 m. Une échelle de corde qui pend et ondule sur sa coque me paraît insaisissable et sans fin. Ce sauvetage effectué de nuit dans une mer démontée, il me faudra 1h30 pour accéder au pont. L'accueil à bord fut extraordinaire, idem le lendemain avec les gardes côtes américains qui me récupèrent pour rejoindre Pointe à Pitre où familles, amis, officiels sont heureux de m'accueillir. Pour eux j'ai réussi un record pour moi c'est une " victoire inachevée ".
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| | A l'issue de ce premier périple, je n'ai pas coupé ma ligne d'arrivée mais néanmoins je suis la première à démontrer qu'une femme pouvait le faire. Je me promets de recommencer pour réussir.
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