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| | 1999, seconde tentative | |
| | 1998, une première mondiale | | Une victoire inachevée | | La victoire est belle | |
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| | | La mi-parcours |
| | le 14 décembre 1999, je passe enfin la mi-parcours. C'est un moment fort. Je rentre dans une logique complètement différente. Jusqu'à lors je comptais les milles qui me séparaient du Cap Vert, à partir de maintenant je vais compter les milles qui me séparent de l'arrivée en Martinique. J'avais spécialement embarqué une petite bouteille de champagne pour fêter cette occasion, malheureusement entre le roulis et les 30 degrés, elle a éclaté il y a quatre jours ! Je suis trop fatiguée ce soir pour préparer quoi que ce soit. Je suis à la limite de l'hypoglycémie, je n'ingurgite que 800 calories jours alors que le minimum requis en fonction de l'effort fourni est de 3300 calories. Lors de ma première traversée, j'ai perdu plus de 12 kilos. C'est plus efficace qu'un club de gym et on a la vue sur la mer !.La nourriture m'écure, je rêve de salades de fruits, de steak tartare, de massages, de sodas avec des glaçons.
Je profite que la mer ne soit pas trop agitée pour aérer ma cabine et changer mes pansements. Le soleil, la réverbération, l'eau salée irritent ma peau, mes mains souffrent et mes fesses sont brûlées par le frottement et le sel, des escarres ont gagné la partie de mon anatomie la plus fragile. L'humidité et la chaleur ne favorisent pas leur guérison. Mon dos me fait souffrir, c'est décidé en accord avec mon médecin, j'attaque à partir d'aujourd'hui les anti inflammatoires pour soulager mes douleurs lombaires. La position assise en permanence me donne des douleurs au ventre.
Dans l'après-midi, j'ai eu l'agréable surprise de croiser un voilier australien à moins de 100 m. Le couple de plaisancier ne m'a pas aperçue tout de suite, étant très basse sur l'eau (25 cm), après un contact VHF, ils se sont rapprochés, en me demandant mon âge et si j'étais seule. Je leur ai dit que j'avais l'autorisation de mes parents. Ils ont ri. C'étaient un moment émouvant pour moi. La première rencontre depuis un mois, je me suis sentie un peu moins seule tout à coup. Je ne serai pas aussi enthousiaste la nuit prochaine quand je serai abordée par un chalutier port-ricain pratiquant un commerce pas très légal
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| | Les vents contraires | |
| Je me retrouve vent debout (vent contraire). Ne supportant pas de rester passive alors que mon bateau " recule ", je décide d'agir : la seule façon de le faire est alors
de ramer ! En raison de ma faible motricité, je subis ce vent contraire qui me fait perdre les milles accumulés ces dernières heures. L'unique solution s'offrant à moi afin de limiter les dégâts reste l'ancre flottante. Sous ancre, le bateau se cabre, se convulse, laissant échapper des craquements plaintifs. J'entends le bruit de la vague, qui va s'écraser sur la coque. De la cabine, j'observe la direction du vent en jetant un il sur mes pavillons. je suis à l'affût de la moindre amélioration. Je n'ose plus allumer mon GPS, de peur de voir les milles gagnés ces dernières heures
s'envoler !
Je veux agir et non pas subir, je décide de retourner " au front " malgré les vents contraires. De nombreuses fois par jour, je crie, je pleure, exorcisant ainsi la peur, le doute et la colère.
Je tire tellement sur les avirons que la gorge me brûle, les tempes me lancent. Je suis consciente que mon acharnement, ma haine du découragement ne suffisent pas. Ces quelques milles gagnés au cours de la journée, je les perdrai dans la nuit mais au moins j'aurai agi.
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| | Suite... | |
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